« Droit aux origines » : un colloque pour demander la légalisation des tests ADN à visée généalogique

Publié le 6 octobre 2026
« Droit aux origines » : un colloque pour demander la légalisation des tests ADN à visée généalogique
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Le 23 septembre 2026, la députée de Mayenne Géraldine Bannier (Les Démocrates) a organisé un colloque relatif au « Droit aux origines ». C’est une cause pour laquelle elle se bat tout particulièrement : auteur d’une proposition de loi « visant à garantir l’accès aux origines pour les enfants nés de procréation médicalement assistée » enregistrée le 21 janvier 2025 (cf. PMA : le droit d’accès aux origines devient effectif. En théorie.), elle est également à l’origine d’une proposition de résolution visant à « garantir à chaque individu un droit d’accès effectif à ses origines » déposée deux mois plus tard.

Des interventions autour d’une demande : la légalisation des tests ADN à visée généalogique

La principale demande des participants au colloque est la légalisation des tests ADN à visée généalogique. En effet, la France serait l’un des seuls pays d’Europe à ne pas l’avoir fait (cf. Un collectif réclame l’autorisation des tests génétiques). Plusieurs catégories de personnes se retrouvent dans des situations où il leur est parfois impossible de connaître leurs origines : enfants issus de PMA, adoptés, ou encore nés sous X. L’enjeu est de trouver un juste équilibre entre le droit au secret et le droit de l’enfant à connaitre ses origines (cf. Donneurs de gamètes « ancien régime » : « un anonymat absolu leur a été promis, et il me semble fondamental que cet engagement soit respecté » ; PMA : une femme donne naissance à des « jumeaux », l’un conçu naturellement, l’autre après un don d’ovocyte).

La légalisation des tests ADN à visée généalogique a également été réclamée par un « comité citoyen » organisé dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique (cf. Connaitre ses origines oui, mais pas dans un but médical : un « comité citoyen » recommande de faire évoluer la loi sur les tests génétiques). Et le 14 avril dernier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) lui a emboité le pas, en adoptant un avis intitulé « A la recherche des origines : réguler les tests génétiques en accès libre » (cf. Tests génétiques : le CESE recommande une « dépénalisation encadrée »).

Devant une assistance qui semblait personnellement concernée par la quête des origines, ainsi que quelques parlementaires, le colloque a rassemblé plusieurs intervenants : Erik Pilardeau, cofondateur du collectif Né(e)s sous x d’ici et d’ailleurs, Martine Barbier, cofondatrice du même collectif et elle-même née sous X, Céline Bresse, fondatrice du collectif Akka | Droits des adoptés du Sri Lanka et issue d’un trafic d’enfants, Chantal Le Quentrec, présidente de l’association Cœurs sans frontières, une organisation qui regroupe et accompagne les « enfants de la guerre ». Sa présidente est elle-même née d’un père décédé pendant une guerre. Elodie Bougeard, née d’un don de sperme anonyme et présidente de l’association PMAnonyme, ou encore une « mère de naissance », c’est-à-dire une femme ayant accouché sous X, ont elles aussi livré leurs témoignages.

Tous, pour des raisons différentes, ont, à un moment, éprouvé le besoin de connaître leurs origines. Et tous convergent pour réclamer la légalisation des tests ADN à visée généalogique. Mais pas uniquement. Les témoignages insistent également sur le manque d’investissement des pouvoirs publics dans l’aide à l’accès aux origines (cf. Accès aux origines : pour son 4e anniversaire, la CAPADD franchit les 1000 demandes) : certaines personnes en quête de leurs racines font part de l’impression de devoir agir dans la clandestinité.

Un but généalogique, avant des applications médicales ?

Même s’il n’en est pour le moment pas question, légaliser les tests ADN dans un but généalogique pourrait rapidement conduire à envisager les applications médicales pour identifier d’éventuelles prédispositions à différentes pathologies (cf. « All of Us » : des milliers d’Américains découvrent leurs prédispositions génétiques ; Tests génétiques : des recommandations objectives ?)

C’est d’ailleurs le mouvement qui a été observé dans l’industrie : des entreprises américaines qui communiquent sur l’accès aux origines avant de se « diversifier » vers les informations médicales (cf. Le marché des tests génétiques : Ancestry entre en concurrence avec 23andMe). Et même de vendre les droits pour un médicament développé à partir des données généreusement fournies par leurs clients (cf. Du business autour des tests génétiques : 23andMe vend les droits d’un médicament).

Les bonnes intentions pourront-elles résister au marché ? (cf. 23andMe vient de vendre toutes ses données génétiques à l’industrie pharmaceutique)