GPA : face à l’appel à l’abolition, l’industrie répond par des « normes minimales » au niveau mondial
Le 7 mai 2026, à Pékin, quatre des plus grandes associations mondiales de technologies de procréation assistée (ASPIRE[1], ESHRE[2], ASRM[3] et IFFS[4]) ont annoncé la finalisation d’un « consensus international des professionnels impliqués dans la maternité de substitution, établissant des normes minimales en matière de maternité de substitution »[5].
« Cette annonce, faite lors du congrès ASPIRE 2026 à Pékin devant un public d’environ 3000 spécialistes de la fertilité, prend explicitement acte du rapport A/80/158 de la Rapporteuse spéciale des Nations unies Reem Alsalem et de son appel aux États membres à s’engager vers l’éradication de la maternité de substitution sous toutes ses formes », souligne la Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution (CIAMS[6]) dans un communiqué du 8 mai. Pourtant, il « ne respecte aucune des recommandations émises par la Rapporteuse spéciale des Nations unies », pointe la CIAMS : « En fait, il propose que l’industrie s’autorégule » (cf. « Aucune société ne peut progresser en normalisant la vente du corps des femmes » : à l’ONU, Reem Alsalem appelle à abolir la GPA).
« Pourquoi l’industrie de la fertilité répond-elle à un objectif abolitionniste par un cadre de conformité ? »
« L’Inde, la Thaïlande, le Cambodge, l’Ukraine, la Géorgie et la Grèce ont tous accueilli des industries de la maternité de substitution opérant dans des cadres réglementaires », relève la Coalition, et « certaines avec des normes minimales rappelant celles actuellement proposées au niveau mondial ». Or, « chacune a conduit au même résultat : exploitation, abandon, marchandisation et scandale, suivis de nouvelles normes, puis du même cycle », dénonce la CIAMS (cf. GPA : scandale en Grèce ; Ukraine : sous les bombes, le scandale de la GPA).
Ainsi, « aucun protocole de consentement ne peut résoudre une relation économique structurellement prédatrice, affirme l’association. Aucune clause sur le bien-être psychosocial ne change le fait que, par contrat, une femme est contrainte d’abandonner son enfant ».
La CIAMS interroge : « Pourquoi l’industrie de la fertilité répond-elle à un objectif abolitionniste par un cadre de conformité ? » Peut-être parce que, comme le souligne l’avocate Patricia Mounayer, la GPA représente un marché mondial estimé à près de 22 milliards de dollars aujourd’hui, et qu’il pourrait atteindre 200 milliards de dollars d’ici 2034 (cf. GPA : Pas un « débat citoyen » mais « une discussion sur les modalités de sa mise en œuvre »).
[1] The Asia Pacific Initiative on Reproduction
[2] The European Society of Human Reproduction and Embryology
[3] The American Society for Reproductive Medicine
[4] The International Federation of Fertility Societies
[5] PR newswire, Move towards global consensus guidelines on surrogacy with mounting concerns over human rights violations (07/05/2026)
[6] coalition féministe abolitionniste internationale regroupant plus de 60 organisations dans 18 pays