IVG, GPA, euthanasie : le droit à la vie est « le fondement incontournable de tout autre droit humain »
« Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même à la vie subissent des restrictions au nom d’autres droits dits ‘nouveaux’ ». A l’occasion de ses vœux devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège le 9 janvier, le pape Léon XIV a dénoncé « un véritable ‘court-circuit’ des droits humains ». Or le droit à la vie est « le fondement incontournable de tout autre droit humain ».
« Une société n’est saine et avancée que lorsqu’elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s’efforce activement de la promouvoir », réaffirme le Saint Père. Ainsi, le Pape incite à rejeter « catégoriquement » les pratiques « qui nient ou instrumentalisent l’origine de la vie et son développement ».
Il est « déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie »
Parmi ces pratiques, Léon XIV épingle « l’avortement, qui interrompt une vie naissante et refuse d’accueillir le don de la vie », exprimant une « profonde préoccupation » « face aux projets visant à financer la mobilité transfrontalière dans le but d’accéder au soi-disant ‘‘droit à l’avortement sûr’’» (cf. « My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs).
Il est « déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles », dénonce l’évêque de Rome.
La GPA, une pratique qui « viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps »
Le Pape s’est aussi opposé à la maternité de substitution « qui transforme la gestation en un service négociable » et « viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps ».
Une déclaration saluée par le Groupe d’experts de Casablanca pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui (GPA)[1]. « En rappelant que la GPA transforme la grossesse en un service marchand, le pape Léon XIV souligne que cette pratique viole les droits fondamentaux de l’enfant, réduit celui-ci à l’objet d’un contrat, et repose sur l’exploitation du corps des femmes les plus vulnérables, souligne le Collectif. Cette démarche s’inscrit dans une vision exigeante de la dignité humaine et de la protection des plus faibles. »
Promouvoir « des politiques de solidarité authentique », plutôt que « des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie »
Le Saint Père a également interpellé les Etats pour qu’ils déploient « des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie ».
Les Etats doivent prendre leurs responsabilités pour « répondre concrètement aux situations de vulnérabilité », appuie-t-il.
« L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même »
Dénonçant « un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent », le Pape interpelle : redécouvrir le sens des mots est « l’un des premiers défis de notre époque », afin que chaque terme soit ancré « dans la vérité ». Un chemin indispensable pour garantir la liberté de parole et d’expression. Léon XIV pointe au passage « une forme subtile de discrimination religieuse » en Occident, qui consiste à limiter la possibilité des chrétiens « d’annoncer les vérités évangéliques […] en particulier lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille ».
Evoquant le refus du service militaire au nom de la non-violence ou le refus de pratiques telles que l’avortement ou encore l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé, le Pape affirme : « L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même ».
[1] Collectif international strictement non partisan et non confessionnel, le Groupe d’experts de Casablanca réunit plus de 150 experts — juristes, médecins, universitaires et défenseurs des droits humains — de tous horizons. Il fonde son action sur le droit international, la protection des femmes et les droits fondamentaux de l’enfant.
Sources de la synthèse de presse : Vatican news, Myriam Sandouno (09/01/2026) ; Aleteia, I.Media (09/01/2026) ; Déclaration de Casablanca, communiqué de presse (09/01/2026)