La Nouvelle-Zélande interdit l’accès aux « bloqueurs de puberté » pour les mineurs
A partir du 19 décembre 2025, aucun nouveau patient de moins de 18 ans n’aura accès à des « bloqueurs de puberté » en Nouvelle-Zélande (cf. Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes » ; Bloqueurs de puberté : un effet souvent négatif sur la santé mentale des adolescents).
Le ministre de la Santé néo-zélandais, Simeon Brown, a décidé de prôner une « approche précautionneuse » concernant l’administration de bloqueurs de puberté, « faute de preuves suffisantes qui montrent le rapport bénéfices-risques de ce traitement ». C’est pourquoi il a interdit l’administration de bloqueurs de puberté à de nouveaux patients à compter du 19 décembre 2025. Selon lui, les médecins qui suivent des enfants souffrant de dysphorie de genre devraient « considérer un spectre plus large de prises en charge possibles » (cf. .Etats-Unis : la Cour suprême autorise l’interdiction des traitements de « transition de genre » pour les mineurs ; « Il n’est ni souhaitable ni sain d’entraver le développement d’un enfant » : en Argentine, l’Académie de médecine s’oppose aux « transitions de genre » des mineurs).
Les molécules restent accessibles pour certains patients
L’interdiction ne concerne pas les mineurs qui suivent déjà ce traitement. D’après les chiffres officiels, 113 jeunes patients étaient traités en 2023, et 140 en 2021, ce qui montre un recul du phénomène.
Les molécules concernées sont les analogues de l’hormone de libération de la gonadotrophine, qui agit sur le fonctionnement des gonades. Elles restent disponibles pour les patients atteints de puberté précoce, d’endométriose ou de cancer de la prostate.
La Nouvelle-Zélande suit les directives appliquées au Royaume-Uni
Diligentée par le National Health Service (NHS) britannique, la pédiatre Hilary Cass a mené une enquête pendant quatre ans qui a abouti à la publication du rapport Cass (Cass Review), le 10 avril 2024. Ce rapport conclut que les preuves du bien-fondé des « soins d’affirmation de genre » sont « extrêmement faibles ». La scientifique a depuis commandé un ensemble de tests cliniques sur les bloqueurs de puberté spécifiquement. Les résultats de cette étude seront publiés en 2031. D’ici là, aucun nouveau patient n’aura accès à ces traitements au Royaume-Uni (cf. Royaume-Uni : l’interdiction des bloqueurs de puberté pour les mineurs devient permanente).
La pionnière de l’« affirmation de genre » en Nouvelle-Zélande exprime ses regrets
La décision du ministre de la Santé néo-zélandais et de son cabinet est conjointe à un désaveu massif de la politique en matière d’« affirmation de genre » des mineurs, formulé par la pionnière de cette politique elle-même (cf. « Transition de genre » : des « études » sous influence).
L’ancienne juge aux affaires familiale Diana Bryant a été à l’origine des premières directives en faveur de l’« auto-détermination de genre » des mineurs en 2013. Sous son impulsion, les mineurs ont pu avoir accès à des bloqueurs de puberté sans l’accord de leurs parents et sans la validation d’un juge. Elle déclare à présent que ses convictions ont changé et qu’elle ne perçoit plus les traitements d’« affirmation de genre » comme relevant de l’intérêt de l’enfant ni même des principes élémentaires de la médecine. Elle résume sa pensée en déclarant : « Si un enfant était atteint d’un cancer, je doute du fait qu’il devrait être pleinement autonome quant au choix de son traitement »[1] (cf. « Soin d’affirmation de genre » : une formulation dangereuse).
Complément du 02/12/2025 : L’Association professionnelle pour les soins de santé aux personnes transgenres (PATHA) a initié le 1er décembre un recours contre l’ordonnance du gouvernement.
[1] The Australian, Bernard Lane, Former Family Court chief justice Diana Bryant admits doubts over landmark puberty blockers ruling (10/11/2025)
Sources de la synthèse de presse : The Guardian, Eva Corlett (19/11/2025) ; The Australian, James Dowling (20/11/2025) ; RNZ, Craig MacCulloch, (20/11/2025) ; NewsTalk ZB, (19/11/2025) ; Stuff, Glenn McConnell (01/02/2025)