L’euthanasie : une priorité seulement pour les militants

Publié le 16 septembre 2025
L’euthanasie : une priorité seulement pour les militants
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Suite à la nomination de Sébastien Lecornu à la tête du gouvernement (cf. Bioéthique : des « convictions très arrêtées » de Sébastien Lecornu au « cheminement » du ministre), LCI a sollicité une enquête auprès d’Harris interactive afin d’évaluer les priorités des Français. Dans cette étude flash, ils placent en tête le pouvoir d’achat, le système social (santé, retraites) et l’insécurité. La fin de vie, elle, ne figure qu’à la 15e place. En effet, seules 8% des personnes interrogées jugent le sujet comme prioritaire. Lors des derniers sondages effectués, en septembre et décembre 2024, elles étaient 10%.

15e priorité des Français mais texte « fondamental » pour la présidente de l’Assemblée nationale

Pourtant, alors que des militants du suicide assisté transforment leur procès en tribune médiatique (cf. Procès d’Ultime Liberté : « Nous ne sommes pas à l’Assemblée nationale, nous sommes dans une salle d’audience »), la présidente de l’Assemblée nationale Yäel Braun-Pivet considère qu’il s’agit d’« un texte qui est attendu par les Français » [1]. « Je ne supporterai pas un troisième report », s’agace-t-elle. Allant jusqu’à qualifier ce texte de « fondamental », l’élue qui a cosigné la proposition de loi visant à autoriser l’« aide à mourir » indique avoir « demandé au Premier ministre et au Président du Sénat de ne pas changer le calendrier ». La Chambre haute devait procéder à son examen à partir du 7 octobre.

« Il faut avoir le courage d’aller au bout des choses. Si ce n’est pas le cas, ce sera une véritable insulte », estime lui aussi le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Jonathan Denis (cf. « Fin de vie : comme pour les frites, et si on faisait aussi bien que les Belges ? »)[2].

Si « insulte » il y a vis-à-vis des Français, ne serait-ce pas justement de mobiliser le calendrier parlementaire sur un sujet clivant et non prioritaire à leurs yeux ? La proposition de loi sur les soins palliatifs a, elle, été adoptée à l’unanimité (cf. « Peu de votes mettront autant en jeu notre conscience » : les députés adoptent en première lecture la proposition de loi sur les soins palliatifs et le texte relatif au « droit à l’aide à mourir »). Et la santé est leur deuxième priorité.

[1] LCI, Fin de vie : « Je ne supporterai pas un troisième report » du texte, prévient Yäel Braun-Pivet sur LCI, V.M. (14/09/2025)

[2] RTL, Loi sur l’aide à mourir : « Il faut avoir le courage d’aller au bout des choses. Si ce n’est pas le cas, ce sera une véritable insulte », lance Jonathan Denis (15/09/2025)