Nouvelle-Zélande : les euthanasies en hausse de près de 50%
Selon les chiffres du rapport annuel du ministère de la Santé de Nouvelle-Zélande de juin 2026, 486 personnes sont décédées suite à une euthanasie ou un suicide assisté entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, ce qui représente 1,3 % de l’ensemble des décès du pays. Ce chiffre représente une hausse de 48,2 % par rapport à la même période en 2022-2023, première année complète au cours de laquelle l’euthanasie et le suicide assisté étaient autorisés (cf. Entrée en vigueur de la loi sur l’euthanasie en Nouvelle-Zélande).
Parmi ces 486 décès, 94,65 % ont eu lieu par euthanasie, avant tout par injection (459), et 5,35 % (26) ont eu lieu par suicide assisté.
« La même tendance que de nombreux autres pays » ayant légalisé l’euthanasie
Catherine Robinson, porte-parole de Right To Life UK, alerte sur cette « augmentation considérable du nombre de cas d’euthanasie et de suicide assisté ». « La Nouvelle-Zélande semble suivre la même tendance que de nombreux autres pays ayant adopté ces dernières années une législation sur l’euthanasie et le suicide assisté : une forte augmentation du nombre de décès par suicide assisté et euthanasie » prévient-elle (cf. Belgique : les euthanasies augmentent encore de 12,4 % en 2025; La mort administrée de façon « inclusive » : les euthanasies encore en hausse au Canada en 2024). « L’expérience de la Nouvelle-Zélande devrait servir de présage de ce à quoi il faut s’attendre » dans les pays voulant légaliser ces pratiques (cf. Royaume-Uni : la proposition de loi sur l’« aide à mourir » abandonnée, faute de temps). Les députés français sauront-ils entendre ces alertes venues de l’étranger ?
En Nouvelle-Zélande, depuis que la législation a été adoptée en novembre 2021, 1 696 personnes sont décédées par euthanasie ou suicide assisté (cf. Nouvelle-Zélande : près d’une euthanasie par jour).
Un demandeur sur cinq ne bénéficiait pas de soins palliatifs
Le rapport annuel relève que 7 % des demandeurs ont déclaré être en situation de handicap, 63 % souffraient d’un cancer et 8,3 % étaient atteints d’une affection neurologique.
Seuls 16 demandeurs ont fait l’objet d’une évaluation psychiatrique afin de vérifier leur capacité à consentir de façon « éclairée ». En outre, un demandeur sur cinq (20,5%) ne bénéficiait pas de soins palliatifs au moment de sa demande.
80 % des demandeurs étaient âgés de plus de 65 ans, mais 26 personnes avaient entre 18 et 44 ans.
Parmi les personnes ayant recours au suicide assisté et à l’euthanasie, il existe par ailleurs une importante disparité ethnique. Les demandeurs d’origine européenne (Pākehā) sont de loin les plus nombreux (81,1 % des demandes), alors qu’ils représentent 67,8 % de la population. Les demandeurs maoris sont eux beaucoup plus minoritaires : 4,9 % des demandes, alors qu’ils constituent 17,8 % de la population. Enfin, 2,5 % des demandes émanent de la population asiatiques et 0,8 % des personnes originaires des îles du Pacifique.
Moins de médecins acceptent de participer au suicide assisté ou à l’euthanasie
Les données du ministère de la Santé démontrent également une baisse du nombre de médecins acceptant de participer au suicide assisté ou à l’euthanasie (cf. L’Ordre des médecins « pas favorable » à l’euthanasie). Le nombre de praticiens figurant sur la liste du groupe Support and Consultation for End of Life Choice (SCENZ), qui met en lien les patients avec des médecins disposés à prendre part à l’« aide médicale à mourir », est ainsi passé de 148 en mars 2023 à 121 en mars 2025. En Nouvelle-Zélande, les médecins peuvent pratiquer le suicide assisté ou l’euthanasie sur leurs patients s’ils l’acceptent, mais ceux qui prennent en charge des personnes ne relevant pas de leur patientèle doivent figurer sur cette liste.
Des tentatives d’élargissement
Le 19 septembre 2020, la Nouvelle-Zélande a été le premier pays au monde à dépénaliser le suicide assisté et l’euthanasie suite à un vote populaire lors d’un référendum (cf. Euthanasie en Nouvelle-Zélande : les personnes handicapées inquiètes). La loi est entrée en vigueur le 7 novembre 2021.
Selon la législation actuelle, une personne peut mettre fin à ses jours par suicide assisté ou euthanasie si elle souffre d’une maladie au stade terminal et que son espérance de vie est inférieure à six mois.
Des tentatives de remettre en cause la limite concernant le pronostic vital ont vu le jour peu après l’entrée en vigueur de la loi (cf. Euthanasie en Nouvelle-Zélande : un an de dépénalisation et déjà des évolutions ?). Dès 2022, soit un an après l’entrée en vigueur de la loi, David Seymour, député et chef du parti ACT, avait appelé à la suppression de cette exigence. En 2025, Todd Stephenson, député du parti ACT, a lui aussi déposé un projet de loi d’initiative parlementaire visant à supprimer cette condition.