Un implant cérébral « de la taille d’un grain de sel » et compatible avec les IRM

Publié le 18 novembre 2025
Un implant cérébral « de la taille d’un grain de sel » et compatible avec les IRM
© iStock - nitrub

Une équipe internationale de chercheurs coordonnée par l’Université Cornell a mis au point un implant cérébral extrêmement petit. Son volume est inférieur au nanolitre[1].

Un dispositif testé chez la souris

Dans un article publié dans Nature Electronics[2], les scientifiques décrivent le fonctionnement du MOTE, ou «Microscale optoelectronic tetherless electrode» (électrode optoélectronique sans fil à micro-échelle en français). D’une longueur de 300 microns, il tient sur un grain sel. (cf. Une antenne de la taille d’un grain de sable pour alimenter les implants). Pourtant, il est capable de capter et transmettre l’activité cérébrale sans présenter les inconvénients déplorés jusqu’à présent, comme le risque d’inflammation des tissus (cf. Des dispositifs capables de s’implanter dans le cerveau « de manière autonome). Le dispositif a été testé sur le cortex de la souris de façon continue pendant toute une année, avec succès selon les scientifiques.

Fonctionnant sans câble ni batterie, le MOTE est alimenté par une lumière rouge externe. Placé à l’intérieur de l’implant, un amplificateur à très faible bruit capte les signaux électriques émis par les neurones. Ensuite, un système d’encodage traduit ces signaux en impulsions lumineuses infrarouges.

Le premier implant compatible avec le recours à l’IRM

Le dispositif a également l’avantage de fonctionner même pendant une IRM. Jusqu’à présent, les « interactions entre la résonnance magnétique et les implants présentaient un niveau de risque élevé pour la santé du patient »[3]. Ainsi les patients porteurs d’implants cochléaires[4] ne peuvent avoir recours à cette technique d’imagerie médicale, « sauf dans des cas exceptionnels »[5]. Plus de 300.000 personnes sont concernées aux Etats-Unis. Le MOTE pourrait répondre à ce besoin.

Les chercheurs envisagent également des applications pour le traitement des pathologies neurologiques, comme les troubles dépressifs résistants, les maladies dégénératives ou encore l’épilepsie (cf. « Contrôler ou libérer nos cerveaux ? » L’Inserm tient une journée sur « la tension éthique des neurotechnologies »).

[1] Un milliardième de litre

[2] Lee, S., Ghajari, S., Sadeghi, S. et al. A subnanolitre tetherless optoelectronic microsystem for chronic neural recording in awake mice. Nat Electron (2025). https://doi.org/10.1038/s41928-025-01484-1

[3] Erhardt JB, Fuhrer E, Gruschke OG, Leupold J, Wapler MC, Hennig J, Stieglitz T, Korvink JG. Should patients with brain implants undergo MRI? J Neural Eng. 2018 Aug;15(4):041002. doi: 10.1088/1741-2552/aab4e4. Epub 2018 Mar 7. PMID: 29513262.

[4] Dispositifs à destination des personnes qui présentent une perte auditive modérée à profonde dans les deux oreilles

[5] Erhardt JB, Fuhrer E, Gruschke OG, Leupold J, Wapler MC, Hennig J, Stieglitz T, Korvink JG., ibid.

Sources de la synthèse de presse : New Atlas, Malcolm Azania (06/11/2025) ; Sciences et vie, Auriane Polge, (12/11/2025)