Une nouvelle ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées favorable à l’« aide à mourir »

Publié le 9 mars 2026
Une nouvelle ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées favorable à l’« aide à mourir »

Le 26 février, Camille Galliard-Minier a été nommée ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Elle remplace Charlotte Parmentier-Lecoq dont les propos avaient été épinglés par l’ONU.

L’ancienne ministre avait en effet réclamé que le « droit à l’aide à mourir » soit « accessible à toute personne en situation de handicap », « comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations unies » (cf. « Droit à l’aide à mourir » : l’ONU interroge la France, elle botte en touche). Suite à de tels propos le Comité des droits des personnes handicapées avait réclamé des « mesures visant à garantir que les autorités de l’Etat partie s’abstiennent d’affirmer dans les médias publics et les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l’euthanasie ».

Une députée active sur la fin de vie

Suppléante d’Olivier Véran en 2020, Camille Galliard-Minier était entrée au Palais Bourbon après la nomination de ce dernier au poste de ministre de la Santé. L’ancienne avocate a pris une part active au débat sur la fin de vie en tant que députée de l’Isère (groupe Ensemble pour la République).

En effet, c’est elle qui avait demandé une seconde délibération sur l’amendement d’Annie Vidal (Ensemble pour la République) qui visait à interdire le recours à l’ « aide à mourir » en cas de souffrances psychologiques seules. Camille Galliard-Minier considérait alors « essentiel » de « préserver l’équilibre du texte »[1]. Un « équilibre » de façade qui a permis l’adoption de la proposition de loi en deuxième lecture le 25 février dernier (cf. « Peut-on parler de libre choix quand l’accès aux soins palliatifs reste inégal selon les territoires ? » : une courte majorité de députés adopte « l’aide à mourir » en 2e lecture).

Une députée sourde aux alertes

Et face à différents députés préoccupés par les pressions que pourrait faire peser sur les personnes vulnérables l’adoption d’un « droit à l’aide à mourir », la nouvelle ministre des Personnes handicapées osait affirmer que la proposition de loi ne serait « que protection », ajoutant : « La construction même de ce texte vise à protéger les personnes qui auront recours à l’aide à mourir ! » [2].

Une opinion qui n’est pourtant absolument pas partagée par les premiers concernés : « Engagés malgré nous dans ce mouvement, faute d’avoir été écoutés, nous sommes opposés à ce que nos droits à la vie soient bradés sur l’autel des idéologies utilitaristes, qui déterminent ce qu’est une vie digne ou non d’être vécue, une souffrance qui justifie l’euthanasie ou le suicide assisté plutôt que la sollicitude, l’apaisement et notre solidarité », rappellent Magali Jeanteur et Louis Bouffard, co-fondateurs du collectif Les Éligibles et leurs aidants, aux côtés du professeur Emmanuel Hirsch, cofondateur du collectif Démocratie, Éthique et Solidarité (cf. « Les débats sur l’aide à mourir ont ignoré la démocratie en santé et les plus vulnérables »).

Manifestement sourde à ces différents appels, l’ancienne députée de l’Isère a voté en faveur de l’« aide à mourir » en deuxième lecture. Désormais ministre et censée porter les préoccupations des plus vulnérables d’entre nous, les écoutera-t-elle enfin ?

[1] Assemblée nationale, compte-rendu de la troisième séance du 19 février 2026

[2] Assemblée nationale, compte-rendu de la deuxième séance du 20 février 2026