« Aide à mourir », soins palliatifs : les sénateurs ont-ils perdu le sens des priorités ?
« Colère ? Déprime ? Désespérance ? » Dans un post sur le réseau X, le Dr Claire Fourcade, médecin de soins palliatifs et ancienne présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) indique que, d’après les informations dont elle dispose, le Sénat commencera l’examen des deux propositions de loi relatives à la fin de vie par le texte dédié à l’« assistance médicale à mourir », et non à celui consacré aux soins palliatifs (cf. Fin de vie : les sénateurs « simplement » « dans le sillage de la loi Claeys-Leonetti » ?).
Il s’agirait de permettre aux membres de la chambre haute de « partir faire campagne pour les municipales sans avoir à être présents pour le texte sur les soins palliatifs ».
Les soins palliatifs, une priorité dans les discours, pas dans les actes
« Depuis des années on nous répète que les soins palliatifs c’est essentiel, c’est beau, c’est bon et on les aime, pointe le médecin. Toutes les instances qui se sont prononcées sur les questions de fin de vie (CCNE, convention citoyenne, académies diverses, ordres…) ont dit qu’il s’agissait d’une priorité avant toute forme de mort provoquée. »
Une priorité réaffirmée aussi par les Français dans les enquêtes récentes (cf. Une nouvelle enquête sur la « fin de vie » montre que les Français accordent la priorité aux soins palliatifs, pas à l’euthanasie ; L’« aide à mourir », une priorité des Français ? L’éclairage de l’« Observatoire de la fin de vie 2025 »).
Vers un examen bâclé ?
Claire Fourcade indique en outre que, « pour aller encore un peu plus vite », les sénateurs pourraient même commencer par examiner l’article 4 qui fixe les conditions d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie, avant l’article 1 qui vise à autoriser le principe du geste létal.
« Pour tous les patients, leurs proches et les soignants qui vivront (ou mourront) avec cette loi, c’est incompréhensible et symboliquement désastreux », se révolte le médecin.
Les sénateurs s’apprêtent-ils vraiment à bâcler l’examen d’un texte qui conduira à une rupture anthropologique, pour des raisons électoralistes ? Réponse cette après-midi.