PMA : l’Académie de médecine s’oppose à l’importation de gamètes
Dans un communiqué publié le 24 juin, l’Académie de médecine s’oppose à l’importation de gamètes issus de banques étrangères pour répondre à la demande générée par la « PMA pour toutes ».
Un recours « à titre dérogatoire » qui augmente
En France, le don de gamètes « repose sur des principes de gratuité, d’anonymat, de consentement éclairé et de non-marchandisation du corps humain », rappelle l’Académie. L’importation de gamètes de l’étranger est toutefois possible, mais simplement « à titre dérogatoire ».[1]
Cependant, face à la demande toujours plus importante et aux délais qui s’allongent, le recours aux banques étrangères augmente (cf. Don d’organes, PMA : la directrice de l’ABM défend son bilan devant le Parlement, sans évoquer la recherche sur l’embryon). Or « les procédures de certaines de ces banques européennes ne sont pas conformes aux dispositions légales françaises : l’exigence d’un donneur au quotient intellectuel supérieur à 80 ; le recueil des caractéristiques physiques, de l’origine ethnique, et parfois de données professionnelles, culturelles, socio-économiques, ou de personnalité ; et, surtout, la compensation financière du donneur », liste l’Académie (cf. « Afin de rassurer les acheteurs », une banque de sperme exclut les donneurs au QI inférieur à 85).
« Renforcer » le recrutement en France ?
L’Académie de médecine veut réaffirmer « son attachement au don de gamètes fondé sur la solidarité, l’égalité, la protection des personnes et le respect des principes de la Loi de bioéthique », et dès lors préconise d’« interdire l’importation de gamètes de donneurs, issus de banques étrangères dont les procédures sont illégales selon la loi française ».
Pour l’Académie il faut également « renforcer, en France, les campagnes de recrutement de donneurs et de donneuses de gamètes ». Mais est-ce vraiment une solution alors que l’Agence de la biomédecine n’économise pas ses moyens en la matière (cf. « PMA pour toutes » : face à la demande, l’ABM encore et toujours à la recherche de donneurs) ? Ne faudrait-il pas interroger la promotion d’une technique qui conduit à démarcher de potentiels donneurs dès l’âge de 18 ans ? (cf. « Faites des parents » : l’ABM fait aussi sa rentrée) Car recruter des jeunes à la sortie des facs en jouant sur la corde sensible, ou avec les codes des réseaux sociaux, n’est-ce pas déjà porter atteinte au principe de consentement éclairé ? (cf. Don de gamètes : l’ABM recrute à la sortie des facs ; « Les jeunes », faux héros et vraies proies de notre époque)
[1] « Cette autorisation d’importation exige : que les enfants issus du don puissent accéder, à leur majorité, aux données d’identité du donneur, que les gamètes d’un même donneur ne conduisent pas délibérément à la naissance de plus de dix enfants, pour limiter les risques liés à la transmission d’une anomalie génétique, par exemple prédisposant au cancer ou à la maladie de Recklinghausen »