« PMA pour toutes » : face à la demande, l’ABM encore et toujours à la recherche de donneurs

Publié le 14 avril 2026
« PMA pour toutes » : face à la demande, l’ABM encore et toujours à la recherche de donneurs
© iStock - BongkarnThanyakij

L’Agence de la biomédecine (ABM) publie ce 14 avril les derniers résultats de son enquête nationale de suivi d’activité auprès des centres de don et d’autoconservation de gamètes. En matière de PMA comme d’autoconservation des ovocytes, la demande ne faiblit pas.

Les demandes d’autoconservation d’ovocytes en forte hausse

En 2024, on avait recensé plus de 15 500 demandes d’autoconservation d’ovocytes. En 2025, ce sont plus de 20 00 demandes de première consultation qui ont été enregistrées et 6720 femmes y ont eu recours, soit une hausse de 31% par rapport à l’année précédente (cf. Autoconservation des ovocytes : 245 000 femmes ont franchi le pas, souvent bercées d’illusions ; Rapport scientifique de l’ABM : « Le nombre de demandes d’autoconservation des ovocytes a surpris par son ampleur »). 54% des demandes sont concentrées en Ile-de-France.

« Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement de l’offre, avec l’ouverture de 20 nouveaux centres en 2025 », souligne l’ABM (cf. L’auto-conservation des ovocytes bientôt ouverte aux centres privés).

Un délai de prise en charge qui se stabilise pour la PMA

L’année dernière, les demandes de PMA avec tiers donneur n’ont pas non plus faibli : alors que « l’activité régulière » pour de l’AMP avec don de spermatozoïdes pour les couples homme-femme est en nette baisse[1], plus de 12 000 demandes de « PMA pour toutes » ont été enregistrées. Globalement, le niveau est « globalement stabilisé » par rapport à 2024 – la hausse n’est « que » de 3% – mais il est six fois supérieur à celui observé avant la loi de bioéthique de 2021. Le nombre de premières consultations est toutefois en diminution, avec près de 7 150 consultations en 2025, soit une baisse de 11 % par rapport à 2024.

La liste d’attente pour obtenir un don de spermatozoïdes est composée d’une part croissante de femmes seules : elles sont 47% quand les couples de femmes représentent 38,8% et les femmes en couple avec un homme 14,2%[2]. Le nombre de femmes en attente est en baisse[3], en lien avec une augmentation des procédures de PMA.

En effet, plus de 5300 femmes ont accédé à une première tentative de PMA en 2025 et plus de 14 800 ont subi une ponction ou une insémination (des chiffres en hausse de 10,4% et 11,3% respectivement par rapport à 2024). Ainsi le délai de prise en charge « semble se stabiliser après plusieurs années de hausse » : il est de 17,7 mois en 2025, comme en 2024.

Des donneurs très sollicités

Les chiffres de l’ABM montrent que l’AMP avec don d’ovocytes « poursuit sa progression » en 2025. Ainsi, « pour la première fois, le nombre de donneuses dépasse le seuil des 1000, avec 1050 en 2025 contre 929 en 2024 ». Mais les délais « restent longs », avec 22 mois d’attente en moyenne en 2025.

« Le nombre de candidats au don de spermatozoïdes se maintient à un niveau élevé, avec 1015 candidats recensés en 2025 », se réjouit par ailleurs l’Agence. Le niveau est proche de celui atteint en 2024 (1045), et bien supérieur à ceux observés avant la loi de bioéthique avec 380 en moyenne.

C’est que l’Agence de la biomédecine ne lésine pas sur les moyens : tours de France en bus, réseau sociaux, influenceurs, spots télévisés, podcasts (cf. « Faites des parents » : l’ABM fait aussi sa rentrée). Une nouvelle campagne #FaitesDesParents était encore lancée mi-mars. L’ABM consacre un budget de 3,5 millions d’euros à sa communication[4], comme l’a précisé sa directrice, Marine Jeantet, lors de sa récente audition par les parlementaires (cf. Don d’organes, PMA : la directrice de l’ABM défend son bilan devant le Parlement, sans évoquer la recherche sur l’embryon).

« Face à l’urgence des besoins en gamètes, les Français ont montré en 2025 une mobilisation croissante et solidaire. Toutefois, cet engagement ne suffit pas encore à couvrir l’ensemble des besoins, appelant à poursuivre l’effort pour le don d’ovocytes et de spermatozoïdes » : l’Agence de la biomédecine joue sur la corde sensible. Y compris pour recruter des donneurs chez les jeunes, dès leur majorité (cf. Don de gamètes : l’ABM recrute à la sortie des facs). Et si l’appel à l’« altruisme » et à la « solidarité » ne suffisait pas, l’incitation pourrait bientôt devenir financière (cf. Révision de la loi de bioéthique : vers une « indemnisation » des donneurs de gamètes ?).

[1] Les demandes de premières consultations, qui s’élevaient à 2029 en 2019 s’établissent à 1340 en 2025, soit une baisse d’environ 34 %. Le nombre de premières tentatives est passé 1189 à 830 entre 2022 et 2025.

[2] En 2024 les femmes seules étaient 45%, les couples de femmes 38% et les femmes en couple avec un homme 17% (respectivement 44%, 38% et 18% en 2023).

[3] Il est passé de 10 600 à fin 2024 à 8 700 à fin 2025

[4] Pour l’ensemble de ses campagnes, il ne s’agit pas uniquement de celles dédiées à la procréation médicalement assistée