Un donneur de sperme à l’origine de 53 enfants : la Belgique prend des mesures et lève l’anonymat

Publié le 20 avril 2026
Un donneur de sperme à l’origine de 53 enfants : la Belgique prend des mesures et lève l’anonymat
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Après un scandale lié au nombre d’enfants engendrés par chaque donneur, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé belge (AFMPS) présente son plan de redressement, qui comprend la levée de l’anonymat des donneurs.

Des abus liés au nombre d’enfants par donneur

La Belgique a légalisé la PMA avec don de gamètes en 2007. La loi impose une limite légale de six familles par donneur, or cette règle a été largement transgressée par un Danois qui s’est avéré être le père génétique de 53 enfants répartis dans 38 familles à travers la Belgique. Au total, il a été révélé que 35 donneurs de sperme ont dépassé cette limite dans sept centres de fertilité. Ces abus ont poussé le gouvernement à initier un changement législatif sur le don de gamètes (cf. Belgique : le gouvernement met fin à l’anonymat des donneurs).

Un plan de redressement

L’agence fédérale des médicaments et des produits de santé a identifié des défaillances profondes dans la sélection des donneurs, la notification des incidents, les mécanismes de contrôle… Elle a présenté un plan de redressement validé par le gouvernement qui a notamment donné son accord pour supprimer la règle de l’anonymat des donneurs de spermatozoïdes et donneuses d’ovocytes. Dès l’âge de 16 ans, les enfants conçus par PMA avec don pourront avoir accès à l’identité du donneur.

Une surveillance plus étroite

L’agence propose également de compléter la base de données Fertidata, mise en place en 2023 pour éviter le dépassement du nombre de six familles par donneur. Il s’agira d’y introduire des données collectées entre 2007 et 2024 (cf. Don de sperme : Une étude interroge des donneurs 10 ans après). Les agences seront plus étroitement surveillées lors de toutes les étapes du processus de PMA, avec des rapports d’inspection rendus publics et le recrutement d’inspecteurs (cf. Belgique : une banque de sperme fournit des particuliers, une association publie une « liste noire » de donneurs).

Une future « crise de l’offre » de gamètes ?

Le président du collège royal des gynécologues francophones, Maxime Fastrez, s’inquiète des conséquences de cette réforme sur les conditions d’accès à la PMA en Belgique. Les centres de PMA belges parviendront-ils à convaincre suffisamment d’hommes de donner leurs gamètes sans rester anonymes ? (cf. Donneurs de gamètes « ancien régime » : « un anonymat absolu leur a été promis, et il me semble fondamental que cet engagement soit respecté ») Dans plus de 80% des inséminations ou FIV, les centres font appel à des banques de sperme étrangères. Celles-ci imposent parfois l’anonymat, comme c’est le cas en Espagne, ou l’autorisent, comme au Danemark. De nombreux donneurs, qui doivent ou veulent rester anonymes, ne pourront plus être sollicités à l’avenir. Le médecin anticipe une « pénurie » de gamètes, une hausse drastique des prix et une incapacité future à réaliser les 6.000 inséminations avec don de gamètes par an jusqu’alors effectuées en Belgique (cf. « PMA pour toutes » : face à la demande, l’ABM encore et toujours à la recherche de donneurs).

Sources de la synthèse de presse : RTBF (03/04/26) ; RTBF, Maud Wilquin (13/04/26) ; Belga (15/04/26) ; Le Soir, Belga (15/04/26) ; Le Spécialiste, PM (15/04/26)