Vœux présidentiels : « Bonne euthanasie 2026 ! »

Publié le 2 janvier 2026
Vœux présidentiels : « Bonne euthanasie 2026 ! »
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Exercice obligé ? Mercredi 31 décembre, comme chaque année, le président de la République présentait ses vœux aux Français. « Cette année doit être et sera une année utile », a assuré Emmanuel Macron lors des 10 petites minutes de sa prise de parole. Une promesse qui passe selon lui par trois « priorités » : l’instauration d’un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux auprès des jeunes et une « loi sur la fin de vie » (cf. Fin de vie : le calendrier d’examen des propositions de loi arrêté, sous la pression militante).

« Nous irons au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m’étais engagé devant vous en 2022 », a affirmé le président de la République à la veille des travaux du Sénat sur le sujet (cf. « Peu de votes mettront autant en jeu notre conscience » : les députés adoptent en première lecture la proposition de loi sur les soins palliatifs et le texte relatif au « droit à l’aide à mourir »).

Pourtant comme le rappelle la Société Française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) dans un communiqué de presse, il ne s’agit pas d’une priorité pour les Français (cf. Une nouvelle enquête sur la « fin de vie » montre que les Français accordent la priorité aux soins palliatifs, pas à l’euthanasie ; L’« aide à mourir », une priorité des Français ? L’éclairage de l’« Observatoire de la fin de vie 2025 » ; L’euthanasie : une priorité seulement pour les militants). Et alors qu’il y a un an Emmanuel Macron promettait de consulter les Français sur de « grands sujets », il n’a pas renouvelé cet engagement cette année, qui ne s’est pourtant pas concrétisé depuis ses précédents vœux.

A quand la priorité concrète aux soins palliatifs ?

Toujours opposée à la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, la SFAP « appelle en revanche de ses vœux à l’amélioration effective de l’offre de soins palliatifs pour tous les Français, ce qui est promis par la loi depuis 25 ans mais qui n’est toujours pas une réalité pour la moitié de la population ». « A ce jour, 31 décembre 2025, la stratégie décennale censée répondre à cette problématique, demeure sans pilote, sans suivi, sans indicateurs et sans contrôle », dénonce l’association.

« Plutôt que de souhaiter la sacralisation de la décision solitaire dans la souffrance par la légalisation de l’assistance au suicide et de l’euthanasie, j’espère pour 2026 un sursaut de fraternité, un engagement renouvelé des soignants, un développement des politiques publiques d’accompagnement de la maladie grave, du grand âge et de la fin de vie », interpelle sa présidente Ségolène Perruchio.

L’appel est lancé. Les sénateurs s’en saisiront-ils ?