Etats généraux de la bioéthique : dernières « concertations » pour la forme ?
Le 8 juin se tenait une des dernières rencontres des Etats généraux de la bioéthique qui se clôturent cette semaine. PMA post-mortem, PMA pour les personnes transgenres, ROPA, GPA étaient au menu de ce « débat » « dédié aux étudiant.es en santé » sur le thème « Assistance médicale à la procréation : quels critères d’accès pour demain ? ».
Des intervenants habitués, un message sans nuance
Des thèmes déjà abordés, des intervenants habitués : Michaël Grynberg, Chef du Service de médecine de la reproduction à l’hôpital Antoine Béclère (AP-HP), Laurence Brunet, juriste spécialiste des questions de bioéthique et de médecine reproductive, Noémie Merleau-Ponty, anthropologue, chargée de recherche CNRS et Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l’association OUTrans (cf. Etats généraux de la bioéthique : un « débat démocratique » livré aux mains des militants ; Etats généraux de la bioéthique : une « consultation » des Français sous influence).
La modération était à nouveau assurée par Fabrice Gzil, professeur des Universités en éthique et philosophie à l’Université Paris-Saclay et codirecteur de l’Espace éthique Île-de-France, et l’animation par Alexis Rayapoullé, médecin de santé publique, assistant hospitalier universitaire à l’Espace éthique Île-de-France/Université Paris-Saclay.
Faire taire les objections ?
Sur le fond, rien de bien nouveau. Les pratiques sont présentés comme « quasi-légalisées » sous l’œil du président du Comité Consultatif National d’éthique (CCNE), Jean-François Delfraissy. Ainsi par exemple de la GPA, à travers la reconnaissance de la filiation entre un enfant né de GPA à l’étranger et ses commanditaires (cf. Etats généraux de la bioéthique : « Que reste-t-il du pluralisme du débat ? » ; GPA : Pas un « débat citoyen » mais « une discussion sur les modalités de sa mise en œuvre »)
Sur la forme, rien de nouveau non plus. Des intervenants coutumiers de ces « débats » qui dissimulent un agenda militant derrière la blouse blanche ou l’expérience. Le 8 juin, le seul témoignage d’associations « de personnes concernées » était celui d’Anaïs Perrin-Prevelle, défendant l’accès à la PMA pour les personnes transgenres. Aucune mère porteuse ou enfant né de GPA pour partager un vécu. Aucune voix dissonante. Sauf dans l’assistance.
En effet, alors que le débat était présenté en introduction comme celui d’un panel pluridisciplinaire associé au témoignage de vie « de certaines personnes concernées », le tour de table n’a pas convaincu l’une des participantes. « Combien d’associations avez-vous invitées ?, a-t-elle interrogé lors des questions. Vous avez quand même une association qui a eu la parole pendant 10 minutes, un quart d’heure, a-t-elle relevé. Ça pose quand même un problème dans un débat éthique. » En guise de réponse, son micro sera coupé.
Reste au CCNE à rendre compte de l’ensemble des « consultations » des citoyens. Son rapport est attendu dans le courant du mois de juin. Un rapport qui lui aussi risque bien d’être sans nuances.